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Jusqu’à quand les Diables Rouges existeront-ils ?

18/11/2008

Guy Vanhengel


Si l’on oblige les clubs de football à s’organiser sur base du régime linguistique, on déclenchera un mécanisme irréversible. Maintenant, la scission est présentée comme une manœuvre administrative, mais jusqu’à quand les Diables Rouges existeront-ils?

Aucun manager de club de football n’a jamais préconisé spontanément la scission de l’Union belge de football en une ligue francophone et une autre néerlandophone. Sous la pression de proposition de subsides du ministre flamand des sports, Bert Anciaux, les clubs de football se sentent dans la position déchirante de faire un choix. Ce sont principalement les clubs bruxellois qui se font du souci car ils travaillent d’une part dans un environnement cosmopolite et d’autre part, on peut dire que la situation est très compliquée. Les pétitions contre la scission qui circulent sur internet pour l’instant, en sont la preuve.

Néanmoins la scission n’est pas inéluctable. Bert Anciaux mélange tout dans sa plaidoirie : Subventions pour les infrastructures, les subsides pour le fonctionnement des clubs et des subsides à la ligue du football flamande.

  1. On n’a pas besoin de scinder l’Union belge de football pour obtenir des subsides en ce qui concerne l’infrastructure et le fonctionnement des clubs de football. La seule chose que peuvent exiger logiquement les autorités flamandes, est le suivi administratif des subsides en néerlandais. En principe, les clubs qui sont situés sur le territoire flamand et sur le territoire bilingue de Bruxelles devaient entrer en ligne de compte.

    En ce qui concerne la construction des stades, le choix de la langue ne s’impose pas davantage. Le financement se fait par le biais d’une participation de «Participatiemaatschappij Vlaanderen» et non pas via des subsides.

    Avec de la bonne volonté, l’Union Belge de football (KBVB) devrait pouvoir continuer à exister telle qu’elle fonctionne pour l’instant. Bert Anciaux exigeait aussi dans le temps, la scission du COIB/BOIC, le Comité Olympique et Interfédéral Belge. Ce comité est à présent reconnu aussi bien par la Communauté flamande que par la Communauté française. Anciaux a baissé d’un ton.

    D'ailleurs, la Flandre et Bruxelles n'ont pas attendu les subsides du Gouvernement flamand pour offrir à quelque 150.000 jeunes de jouer dans des conditions sportives idéales.

    La Région de Bruxelles-Capitale et la Région Wallonne soutiennent de leurs cotés la jeunesse du football sans exiger une scission de l’Union belge de football. Partout dans le pays, les communes le font depuis toujours. En Flandre, ils reçoivent pour promouvoir le foot, des subsides du gouvernement flamand.

    La nouveauté est qu’Anciaux veut imposer l’octroi de subsides aux communes et régler au plus vite un arrangement. Les subsides aux communes sont maintenant calculés en fonction du nombre de jeunes affiliés à un club agréé par la commune.

    Désormais Anciaux ne souhaite prendre en considération pour l'octroi des subsides que les jeunes qui sont affiliés auprès d'un club agréé par la commune pour autant (et c'est là la nouveauté) que les clubs soient affiliés à une ligue ou fédération agréée par le Gouvernement flamand. Une double condition, qui met une certaine pression pour forcer à scinder l'Union belge de football.
  2. Le jeu en vaut-il la chandelle? Le subside promis ne représente qu'une petite partie de ce que l'Union belge de football consacre actuellement aux crédits de fonctionnement. Les millions d'euros promis ne sont rien de plus qu'une aumône quand on sait que l'Union rassemble 230.000 joueurs de football. Bien entendu, tout moyen supplémentaire est le bienvenu. Mais ce que beaucoup semblent oublier c'est que scinder coûte de l'argent. Et du temps. L'on ne pense pas aux conséquences pratiques d'une exigence politique et des surcoûts que cela engendre.
  3. Pourquoi une telle précipitation ? Anciaux dit : c'est maintenant ou jamais. Mais qui sait, dans quelques mois, une autre politique sera peut-être au commande du département des sports qui suivra une toute autre logique.
  4. La pression de subside a déjà amené d'autres clubs à une scission. Dans le basket et le volley, il n'y a pratiquement plus d'équipes bruxelloises de haut niveau. En première et deuxième nationale, elles ont même complètement disparues. L'on a également connu ces expériences négatives avec des réductions d'échelle à l'étranger. En Grande-Bretagne, les équipes d'Ecosse et du Pays de Galles ont également disparu de la scène internationale. A terme, il n'en sera pas autrement chez nous.
  5. Enfin, quels sont les sports d'équipe de notre pays à avoir pris part aux Jeux Olympiques? Le football et le hockey sont les deux seules fédérations à ne pas être scindées.

Le sport ne peut servir à soutenir un projet politique. La politique doit veiller à ce que les jeunes puissent se changer, se doucher, apprendre à tirer au but et surtout à apprendre les règles de jeux dans les meilleures conditions qui soient.

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